Les pensées d’amertume – les reproches

« C’est lui qui, dans les jours de sa chair, a présenté avec de grands cris et avec larmes des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort, et il a été exaucé à cause de sa piété. Il a appris, bien qu’il soit Fils, l’obéissance par les choses qu’il a souffertes ; après avoir été élevé à la perfection, il est devenu pour tous ceux qui lui obéissent l’auteur d’un salut éternel. » Hé. 5, 7-9.

Ce qui a tant de valeur pour nous, c’est ce qui s’est passé dans les jours de sa chair – c’est dans ces jours-là que toute l’œuvre a été faite, qu’il a anéanti la mort et le royaume de la mort. Le Père lui ouvrait l’oreille, si bien que le domaine dans lequel s’exerçait son obéissance allait sans cesse croissant. Comment pourrions-nous apprendre à écouter sans passer par des souffrances ? C’est dans les souffrances que nous découvrons plus du péché qui habite dans notre chair. Cela nous assure un développement spirituel. Cette vie reste cachée pour la plupart des croyants.

« Si quelqu’un enseigne de fausses doctrines, et ne s’attache pas aux saines paroles de notre Seigneur Jésus-Christ et à la doctrine qui est selon la piété, il est enflé d’orgueil, il ne sait rien ; il a la maladie des questions oiseuses et des disputes de mots, d’où naissent l’envie, les querelles, les calomnies, les mauvais soupçons, les vaines discussions d’hommes corrompus d’entendement, privés de la vérité, et croyant que la piété est une source de gain. » 1 Ti. 6, 3-5.

Si on ne s’en tient pas à la piété, on s’éloigne de la saine doctrine. Toute sorte de méchanceté se manifeste alors. Il y a toute une doctrine qui est selon la piété et elle est révélée à celui qui suit les traces de Christ. « Et, sans contredit, le mystère de la piété est grand : Dieu a été manifesté en chair, justifié par l’Esprit, vu des anges, prêché aux nations, cru dans le monde, élevé dans la gloire. » 1 Ti. 3, 16.

Quand tu plonges le regard dans le mystère de la piété, Dieu t’éclaire sur ce qui fait partie de la piété. Il faut que tu aspires à une telle vie. C’est pour cela qu’il faut que nos réunions apportent de la nourriture à ceux qui aspirent à la piété. Prie Dieu avec insistance, pour qu’il te donne de la manne cachée qui puisse nourrir les hommes. Fais cela dans un esprit pieux, dans la certitude que le Très-Haut entend tes paroles. Quand on tient compte de ces choses, cela fait disparaître beaucoup de légèreté.

« Ne maudis pas le roi, même dans ta pensée, et ne maudis pas le riche dans la chambre où tu couches ; car l’oiseau du ciel emporterait ta voix, l’animal ailé publierait tes paroles. » Ec. 10, 20. Pense à cela quand tu traverses des souffrances. Même si tu ne comprends pas tout, il faut croire en Dieu pour ne pas te retrouver dans les ténèbres. Tu n’en es peut-être pas au point de maudire, mais comme il est vite fait d’avoir des pensées de reproche !

« D’où viennent les luttes, et d’où viennent les querelles parmi vous ? N’est-ce pas de vos passions qui combattent dans vos membres ? » Ja. 4, 1. Jacques s’adresse ici à des frères croyants ! D’où viennent les pensées de reproche ? Des passions qui combattent dans tes membres ! Il faut que la croix agisse sur toutes ces pensées. Si on soupire contre les frères, ce sont aussi des reproches. Toutes les pensées de ce genre deviennent une racine dans laquelle il y a de la vie – elle se développe. Si tu laisses vivre de telles pensées, cela se manifeste dans ton attitude envers celui à qui tu fais des reproches. Tu n’arrives pas à user de prévenances à l’égard de ton frère, à lui donner des marques d’estime. Il y a quelque chose d’amer dans les racines de ton cœur. Cela ne se manifeste peut-être pas sous forme d’accusation, mais quelque chose se détruit dans ton cœur. On peut se transmettre ce genre de pensées d’une génération à l’autre. Des familles entières peuvent ainsi conserver certaines idées qui créent de terribles ravages, parce qu’on a laissé se développer une racine d’amertume d’une génération à l’autre. Cette racine vit et se développe. Pour certains, de telles racines d’amertume finissent par devenir une réalité qui envahit toute leur vie.

« Recherchez la paix avec tous, et la sanctification, sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Veillez à ce que nul ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume, poussant des rejetons, ne produise du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés. » Hé. 12, 14-15.

« Car le Seigneur châtie celui qu’il aime, et il frappe de la verge tous ceux qu’il reconnaît pour ses fils… Mais si vous êtes exempts du châtiment auquel tous ont part, vous êtes donc des enfants illégitimes, et non des fils. » Hé. 12, 6 et 8. La grâce de Dieu se manifeste en ce qu’il nous traite comme des fils. Il nous éduque et nous instruit. Pense à Jésus qui a été traité de cette manière par son Père, sans devenir amer. Bien au contraire, l’attitude de son cœur envers Dieu le poussait à dire : « Père juste ! ».

« Ainsi, que ceux qui souffrent selon la volonté de Dieu remettent leur âme au fidèle Créateur, en faisant ce qui est bien. » 1 Pi. 4, 19. Quand tu vois un frère ou une sœur qui se trouve dans l’abaissement et qui traverse des circonstances que tu n’as pas connues, tu dois être prudent dans tes pensées. Ne méprise pas quelqu’un qui se trouve dans l’abaissement ! Et toi qui te trouves dans l’abaissement, remets ton âme au fidèle Créateur ! Ne fais pas de reproches, ne maudis pas ! Remets toutes tes pensées à celui qui te forme, pour que sa gloire puisse être manifestée en toi !

La doctrine qui est selon la piété est aussi la doctrine de la mort du grain de blé, la doctrine qui enseigne qu’il faut se charger chaque jour de sa croix et renoncer à soi-même, que c’est au travers des souffrances qu’on accède à la gloire et à la nature divine. Comme Jésus est resté ferme et qu’il a été fidèle envers les conseils de Dieu dans son cœur, ses sens ont été exercés, de sorte qu’il ne s’est pas laissé entraîner par ses pensées quand il a rencontré les souffrances.

« Christ aussi a souffert une fois pour les péchés, lui juste pour des injustes, afin de nous amener à Dieu ; il a été mis à mort quant à la chair, et rendu vivant quant à l’Esprit. » 1 Pi. 3, 18. Ils ont traité comme un homme injuste le Fils de Dieu, qui n’a pourtant fait que du bien. Il a prié pour eux. Les injustes se considéraient eux-mêmes comme justes et considéraient le Maître comme injuste. Voilà à quel point on peut avoir des pensées insensées quand l’injustice prend le dessus ! Jésus a sans doute fortement ressenti le désir de se justifier lui-même, quand il a rencontré sa nature humaine, le fait d’être juste à ses propres yeux. Notre propre vie doit elle aussi être livrée à la mort et nous pouvons alors trouver beaucoup de consolation en Lui.

Le but de Jésus était de conduire les hommes à Dieu. Il était bon envers les hommes. Ce qui est frappé par la mort disparaît. Il ne doit rien subsister qui fasse de nous des martyrs. La mort doit s’emparer de ce qui lui appartient et nous ne devons plus nous en occuper. C’est de cette manière que la force de Dieu et la sagesse de Dieu se manifestent en nous. Cela doit être vivant et manifeste pour nous, de sorte que cela agisse en plein milieu de nos circonstances.

« De la même bouche sortent la bénédiction et la malédiction. Il ne faut pas, mes frères, qu’il en soit ainsi. La source fait-elle jaillir par la même ouverture l’eau douce et l’eau amère ? » Ja. 3, 10-11. Dans nos vies, il ne doit y avoir qu’une source pure et bonne, celle qui vient de Dieu. Si on fait des reproches à sa femme ou à ses enfants, cela provient de pensées qu’on a laissé subsister. Chacun doit prendre ces choses très au sérieux pour vraiment se purifier complètement de toutes ces pensées.